Medina Danilo en train d’excuser aux Haitien-Dominicains.

Vingt-quatre heures après avoir rencontré des organisations qui défendent les droits des immigrants, le président dominicain, Danilo Medina, a confirmé publiquement s’être excusé auprès des immigrants haïtiens pour la décision de la Cour constitutionnelle. Ce geste du chef de l’Etat dominicain est intervenu au moment où des organisations de l’opposition tenaient une manifestation devant les locaux de l’ambassade dominicaine à Pétion-Ville, pour dénoncer l’arrêt du 23 septembre.

Medina : "Il y a un problème humain qu'il faut résoudre"

Medina : “Il y a un problème humain qu’il faut résoudre”

Je veux vous dire que le président Medina vient de faire une déclaration publique pour présenter ses excuses et demander pardon aux Dominicains d’origine haïtienne ce matin », c’est en ces termes que l’ambassadeur dominicain accrédité en Haïti, Ruben Silie Valdez, a annoncé la nouvelle à la sortie d’une brève rencontre avec des leaders du Mouvement patriotique de l’opposition démocratique (MOPOD). L’information est vite reprise par la presse dominicaine, le président Medina a fait des excuses publiques à la communauté haïtiano-dominicaine pour la décision de la Cour constitutionnelle rendant apatrides des milliers de dominicains d’origine haïtienne.

« Je ne sais pas s’il y a eu injustice, mais il y a un problème humain qu’il faut résoudre », a reconnu le président Medina qui s’est adressé à la presse alors qu’il visitait les installations de la compagnie minière Barrick Gold. « En m’adressant à ces personnes, j’ai pu constater qu’elles sont certainement en train de vivre un drame humain », a ajouté le mandataire dominicain qui faisait allusion à une rencontre qu’il a eue lundi avec des représentants des immigrants haïtiens.

Plus loin, Danilo Medina confie « qu’il y a des garçons qui ont parcouru 18 kilomètres par jour pour aller à l’école, et au moment de recevoir leur certificat d’études, ils n’ont pas une carte d’identité et ne peuvent pas s’inscrire à l’université. Il y en a  d’autres qui nous expliquent avec les larmes aux yeux, avoir perdu cinq années de leur vie, n’étant pas autorisés à s’inscrire à l’université faute d’une simple carte; le moins que nous puissions faire, c’est de demander des excuses pour ce qu’ils sont en train de vivre.»

D’un autre côté, le président dominicain a expliqué que l’exécutif n’a pas les compétences du tribunal constitutionnel, mais il promet toutefois d’entrer en contact avec cette instance afin de trouver une sortie satisfaisante à la crise.  En Haïti, les organisations de la société civile et les regroupements politiques continuent d’utiliser de multiples moyens pour protester contre la décision de l’Etat dominicain.

En effet, plusieurs dizaines de personnes s’étaient rassemblées devant l’ambassade dominicaine à Pétion-Ville à l’appel du Mouvement patriotique de l’opposition démocratique (MOPOD). Les manifestants ont exigé des autorités dominicaines de revenir sur cette décision qui affecte des milliers de Dominicains d’origine haïtienne. Les manifestants lançaient en choeur des propos hostiles aux gouvernements haïtien et dominicain.

Plusieurs personnalités politiques, dont l’ancienne candidate à la présidence Mme Mirlande Manigat, l’ancien sénateur Samuel Madistin, l’ancien candidat à la présidence Evans Paul. Intervenant sur la décision des voisins dominicains, M. Evans Paul dit « croire que cette décision va non seulement affecter les ressortissants haïtiens mais aussi l’image de la République dominicaine qui vit partiellement de son industrie touristique.

Dans un message adressé au gouvernement dominicain, le MOPOD parle d’une décision révoltante, inimaginable et totalement inacceptable à propos de l’arrêt du 23 septembre de la Cour constitutionnelle dominicaine. « Cette décision est contraire à la morale publique, à la charte des Nations unies et à la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle contredit également la convention des Nations-Unies relative à la réduction des cas d’apatridie du 30 août 1961. Cette décision rappelle le massacre des Haïtiens en 1937 en terre dominicaine sur la base d’épuration raciale. La décision de la Cour constitutionnelle dominicaine est une décision dangereuse, porteuse de graves menaces pour la vie et la sécurité de plusieurs milliers d’êtres vivants », selon le message lu par l’agronome Jean André Victor, l’un des leaders du MOPOD.

« Si la décision n’est pas raciste, l’intention l’est. Il existe en République dominicaine un secteur foncièrement anti-haïtien, donc il ne faut pas écarter l’intention raciste, a déclaré Mme Mirlande Manigat. L’ancienne candidate à la présidence affirme aussi que le gouvernement haïtien pourrait avoir une position beaucoup plus ferme que celle qu’elle maintient dans cette affaire. « Notre présence n’est pas une manifestation d’hostilité mais un témoignage de solidarité, car il existe  même en République dominicaine des citoyens dominicains qui sont contre cette décision », a conclu Mme Manigat.

Au terme de cette manifestation, les leaders du MOPOD se sont brièvement entretenus avec l’ambassadeur dominicain, Ruben Silie Valdez. Ils ont profité de l’occasion pour remettre à l’ambassadeur la déclaration destinée au gouvernement dominicain. L’ambassadeur, qui était sorti saluer les manifestants et s’entretenir avec la presse, a promis que la déclaration du MOPOD serait transmise au gouvernement dominicain dans peu de temps. Il a réitéré que la décision n’est pas du ressort du gouvernement dominicain mais une décision de la Cour constitutionnelle.

Source: Le Nouvelliste.

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Updated: October 10, 2013 — 12:48 AM

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